Champs-contrechamps de la société israélienne

Par Sabine Salhab

isratimDepuis plusieurs années, le cinéma israélien a pris un nouveau tournant et véhicule un discours très différent, voire contraire aux évolutions politiques prônant le plus souvent l’absence d’un dialogue pacificateur. Ce nouveau corpus, aussi bien documentaire que fictionnel, s’attache à déconstruire les mythes fondateurs de la nation israélienne et à véhiculer une parole qui s’individualise. Des œuvres très réflexives proposent ainsi une réécriture fortement démystificatrice de l’histoire de la région mettant au jour ce qui était de l’ordre du non-dit, du « hors champ ».

Un rendez-vous annuel parisien permet de découvrir la diversité de la création cinématographique israélienne et du discours sociopolitique sous-jacent. Contrairement à d’autres événements du même type, ce festival a le mérite de programmer des œuvres variées, aussi bien films d’auteurs que succès du box-office israélien.

Le festival Isratim de Paris en est déjà à sa treizième édition. Parrainé cette année par l’actrice-réalisatrice Zabou Breitman ainsi qu’Ofer Bronchtein, le co-fondateur et président du Forum international pour la Paix, l’événement permet de découvrir des longs métrages documentaires et de fiction inédits en France, dont certains n’ont pas encore trouvé de distributeur.

Au programme, neuf longs métrages de fiction, six documentaires ainsi que les quatre premiers épisodes de la série Hatufim, qui a inspiré la série américaine Homeland. Les films programmés ne tournent toutefois pas tous autour du thème du conflit et reflètent bien la diversité de la création cinématographique israélienne, que les spectateurs n’ont pas toujours la chance de voir dans les salles françaises.

Parmi les fictions programmées : Dr Pomerantz, le nouveau long métrage de l’acteur-réalisateur  Assi Dayan (La vie selon Agfa, 1993), raconte l’histoire d’un psychiatre qui loue son balcon à des candidats au suicide ; Single Plus de Dover Kosashvili (Mariage Tardif, 2001) qui met en scène la recherche effrénée d’une jeune femme dont la mère prétend être atteinte d’un cancer qu’elle refuse de soigner, afin de pousser sa fille à trouver (très) rapidement l’amour ; ou encore C’est Sodome, la comédie biblique loufoque déjà diffusée par le festival dans une précédente édition. Le thème de l’armée israélienne reste cependant bien présent avec deux films, Rock the Casbah et Chambre 514, qui traitent respectivement des relations compliquées entre les soldats israéliens et la population de Gaza occupée en 1989 et d’une enquête interne de Tsahal sur un possible abus de pouvoir à l’encontre d’un Palestinien.

Cinéma des Cinéastes, 7 avenue de Clichy, 75017. L’intégralité du programme ainsi que les bandes annonces sont disponibles sur le site du festival.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire (Tous les commentaires sont lus par un modérateur avant leur publication. Votre adresse e-mail ne sera pas visible)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s