Égypte : l’opposition est majoritaire mais pas unifiée

Le 11.12.2012 sur Al Qarra TV

Entretien avec Tewfik Aclimandos, Chercheur au Collège de France, spécialiste de l’Egypte

L’Égypte se trouve face à un moment charnière de son histoire contre-révolutionnaire. Le peuple égyptien semble divisé sur plusieurs plans, entre pro et anti-Morsi, entre islamistes et oppositions, entre conservateurs et progressistes, entre confessions…  Pour comprendre les enjeux de cette crise, Mélissa Chemam reçoit Tewfik Aclimandos, chercheur associé à la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France et coordinateur du numéro 108 des Cahiers de l’Orient spécial Égypte.

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L’Égypte entame sa longue marche


nº 108, hiver 2012

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108 (hiver 2012)

coordonné par Tewfik Aclimandos et Laure Guirguis

Avoine 108 EgypteÉditorial d’Antoine Sfeir, directeur de la rédaction

On ne peut exiger d’une révolution qu’elle se fasse du jour au lendemain.

L’Égypte est en cela exemplaire : l’arrivée de Mohammad Morsi à la magistrature suprême montre les difficultés rencontrées au sein d’une société à accepter, après trente ans de silence imposé et d’opinions rentrées, l’expression d’un pluralisme naturel du peuple, qu’il s’affiche dans la majorité ou dans l’opposition. Les manifestations se succèdent pour ou contre, les affrontements aussi. Le chef de l’État issu des Frères musulmans évite désormais les bras de fer, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’extérieur. Il prend langue avec Israël, ce qui le met en porte-à-faux avec sa base. L’armée, à défaut de rentrer dans les rangs, a rejoint les casernes. Le tourisme, l’une des mamelles de l’économie égyptienne, reprend lentement mais sûrement ; mais l’économie va encore mal. Les jeunes initiateurs de cette révolution sont toujours vigilants et tentent, parfois avec succès, de se faire entendre, obligeant le chef de l’État à prendre parfois ses distances vis-à-vis de la confrérie. (…) Lire la suite

Les soulèvements arabes, entre espoirs et désenchantements

107 (automne 2012)

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Au sommaire :

  • L’éditorial d’Antoine Sfeir
  • Tunisie : après la révolution, le développement social avant tout, entretien avec Habib Ayeb 
  • Les valeurs de la révolution à la recherche d’une politique étrangère d’action, Yasmine Farouk
  • La montée post-révolutionnaire des mouvements islamistes par la voie électorale : les Frères musulmans égyptiens, Leslie Piquemal
  • Quelle place pour la charî‘a dans l’Égypte post-Moubarak ? Nathalie Bernard-Maugiron
  • La transition démocratique du Yémen menacée par de nombreux défis, Benjamin Wiacek
  • La révolution syrienne : morphologie d’une militarisation, Thomas Pierret
  • La politique étrangère de Bachar al-Assad, Marta Tawil
  • Les relations turco-syriennes : de l’idylle à la descente aux enfers, Jean Marcou
  • Al Jazira fait sa révolution, Lina Zakhour
  • Pas de soulèvement en Jordanie : les raisons d’une impasse, Hisham Bustani
  • La politique étrangère jordanienne dans le « printemps arabe », Vincent Legrand
  • L’Algérie, en marge du « printemps arabe » ? Akram Belkaïd
  • Une exception marocaine ? Omar Saghi
  • Et comme toujours, les lectures des Cahiers 

Introduction de Hadjar Aouardji, coordinatrice du numéro

      Même plus d’un an après, revenir sur les soulèvements qui ont traversé le monde arabe depuis décembre 2010 et tenter d’en tirer les enseignements demeure une gageure, d’autant que les événements continuent de se dérouler sous nos yeux. Pour les observateurs des sociétés arabes que nous sommes, il demeure néanmoins important d’identifier les défis à venir, tout en essayant de tirer les leçons des lacunes dont a fait montre la recherche sur le monde arabe. Cette dernière, enfermée dans une grille de lecture « occidentale », semble avoir ? échoué à mettre en évidence les signes précurseurs des transformations auxquelles nous assistons dans cette région du monde. Avec le recul nécessaire à l’analyse, et en gardant à l’esprit les spécificités (ethniques, religieuses, sociales, économiques) de chaque État arabe, les contributeurs à ce numéro reviennent sur les soulèvements récents, les débats qu’ils impliquent dans ces sociétés, ainsi que sur les implications régionales et internationales de ce que certains appellent le « printemps arabe » (…)

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